Veille économique bretonne

La 5G testée à Rennes par b<>com

La 5G testée à Rennes par bcom

L’Institut de Recherche Technologique b<>com a été sélectionné par l’État français pour tester la 5G à Rennes cet été. Prouvant l’expertise du territoire breton dans le domaine des technologies d’information-communication.

 

Implanté à Rennes, l’IRT b<>com est issu du programme « Investissement d’Avenir », pour faire de la France une société numérique, et a été labélisé par le « pôle de compétitivité mondiale Images & Réseaux ». La différence entre ces deux organismes est que le pôle est responsable de la santé de l’écosystème (d’innovation, numérique, etc) formé par les IRT, qui en sont les acteurs. Comme par exemple la French Tech qui est responsable de la bonne dynamique de l’écosystème constitué par les start-ups. Ils sont donc indépendants mais complémentaires.

b<>com est de plus soutenu par la région Bretagne, Rennes Métropole, Lannion Trégor Agglomération et Brest Métropole. Il est représentatif de la politique française d’innovation : une collaboration entre petits et grands groupes et entre secteurs privés et publics. Ainsi, il est financé à hauteur de 60 millions d’euros par l’État, 80 par des investisseurs privés et 20 par les collectivités territoriales.

Pourquoi b<>com teste la 5G ?

b<>com souhaite être le pionnier dans trois domaines transverses et représentant des marchés de plusieurs centaines de milliards d’euros et en expansion ces dernières années comme :

  • L’hypermédia : son, image, réalité virtuelle et augmentée.
  • Les technologies de réseau et la cyber-sécurité : cloud computing, internet des objets, confiance numérique, réseau haut-débit.
  • L’e-santé : modélisation imagerie médicale, assistance technologique dans le geste.

Il se focalise sur l’innovation (c’est-à-dire, la résolution de problèmes et la satisfaction de besoins), sa diffusion et son application.

Il semble alors naturel que b<>com ait été choisi comme plateforme d’expérimentation pour la 5G cet été.

Mais qu’est-ce donc ?

La 5G est le nouveau protocole de communication mobile dont le débit est théoriquement 100 fois supérieur à celui de la 4G. Il devrait être globalement déployé en 2020.

C’est bien, mais concrètement, qu’est-ce que ça implique ?

Les applications d’une telle technologie sont en fait multiples puisque qu’elle permettra de développer d’avantage les technologies d’information-communication existantes et les produits et services reposants sur ces dernières. Ce qui signifie quasiment tous aujourd’hui. Mais plus précisément les objets connectés, les smartphones et leurs applications, la virtualisation (qui est très dépendante du débit et de sa fiabilité) et le cloud.

Cette technologie représente donc un enjeu stratégique pour la France qui souhaite se spécialiser dans l’Internet des Objets (ou IoT pour Internet of Things). Domaine qui est, avouons-le, encore très « gadget » car adolescent mais aussi limité par les technologies de communication existantes. Limitations que pourrait faire sauter la 5G.

De plus, elle répond à une exigence moderne : l’hyper-mobilité dans la vie professionnelle et privée.

Et enfin, aux usages de plus en plus prononcés et fréquents des smartphones par les Français : l’essor de la vidéo, des partages d’image etc.

La 5G est donc rattachée au développement économique et à la volonté de miser sur l’innovation de la France. Et elle ouvrirait également la voie à de nouvelles pratiques et de nouveaux services pour les particuliers.

5G et neutralité du net

Pour finir, une réalité qui fait réfléchir : la 5G est technologiquement incompatible avec la neutralité du net. Du moins, comme cette dernière est définie aujourd’hui.

La neutralité du net peut être résumée comme étant l’accès sans condition à Internet. Cela veut dire aucune gestion du trafic qui pourrait avoir comme effet de limiter l’accès aux flux, applications et services distribués sur Internet. En France, la neutralité du net est rattachée à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

5G et neutralité du net sont incompatibles car ce protocole propose un découpage du réseau et décide qui accède à quelle partie du réseau. Cela, théoriquement, en fonction des besoins des applications pour améliorer la vitesse de connexion et réduire la latence. Les opérateurs gèreront alors les flux de données et pourront limiter s’ils le souhaitent l’accès à certaines parties du réseau.

Si la 5G est rattaché au développement économique, beaucoup considère tout de même que les opérateurs font « chantage à l’investissement » pour pousser les autorités à revoir la neutralité du net. Et donc, potentiellement pour leur ouvrir de nouveaux marchés et partenariats avec les acteurs du net. Chantage car les opérateurs menacent de stopper tout investissement dans le déploiement de leurs réseaux si leurs demandes ne sont pas acceptées. Or ces réseaux jouent un rôle essentiel dans l’organisation et le développement d’un pays.

Cette question de neutralité du net n’implique donc pas seulement quelques activistes (comme nous pouvons l’entendre parfois) mais bien toutes personnes dépendantes de ces réseaux, ce qui signifie tout le monde.

La 5G, comme souvent avec la technologie, doit donc être discutée : privilégier le développement économique ou respecter les droits élémentaires. Ou la troisième voie : concilier les deux par une nouvelle régulation.

Vous pouvez lire ici le Manifeste des opérateurs envoyé à la Commission Européenne.

Et ici, une analyse faite par EurActiv.

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